Regard Croiss sur lHumain

Par cette exposition, l’agence Houkami Guyzagn structure de promotion des arts plastiques en Côte d’Ivoire attend mettre en juxtaposition trois artistes de différentes disciplines.

A savoir la peinture et la sculpture à travers un même thème. Ainsi « Regards Croisés sur l’Humain » consiste à faire dialoguer les œuvres respectives des peintres que sont; Yolande Offossé N’Tapké dite Yon, Gnohité Prince Gallas et le sculpteur Daniel Bamigbadé.

Quand Gnohité de ses fonds superposés de couches de peinture animée avec des aspérités, qu’il obtient par projection avec un purgeoir. Fonds desquels le peintre, à la manière d’un archéologue à la recherche des strates de notre évolution fait surgir, cet être insouciant et heureux du monde de l’enfance. Qui à la conquête de son environnement, s’adonne à ses occupations favorites le jeu.

En juxtaposition de ce monde éminemment ludique. Yon pour sa grande première confrontation avec le grand public, nous fait découvrir sous son vrai jour le monde des adultes. Nullement pas dépaysée, elle franchit allègrement la mince ligne de démarcation, entre le stylisme sa formation de base, et le dessin d’art.

En effet, elle court sa ligne. Sûr et précise, elle court sa ligne qui s’entremêle, se torsade, se déroule, cerne des visages qu’elle fait surgir de ses fonds immaculés de noire ou de rouge… Ces visages aux regards perçants, tous droits sortis du tréfonds de ces êtres. Et qui ne sont pas, sans nous faire penser que les yeux sont comme des fenêtres de l’esprit. Tout est dans le regard des personnages de Yon. Regards qui révèlent l’état d’esprit du sujet en présence. L’expérience des intermittences de leur cœur, enfreint de tendresse, de turpitudes, Pétillant, pensif.

Une écriture qui nous mène inéluctablement aux sources des arts plastiques, le dessin. Avec cette volonté affichée de rappeler avec un symbole significatif la modernité et l'industrialisation, Daniel Gbamigbadé se met avec des assemblages de pièces détachées d'automobiles et de motocyclettes récupérées ça et là, à sculpter des masques. Cette institution à la fois politique, religieuse et culturelle des sociétés traditionnelles africaines.

Le médiateur entre Dieu, les ancêtres et les hommes. Il intervient dans les décisions politiques, accompagne les semailles et les récoltes, punit les coupables, assure la pérennité du savoir, accueille l'enfant à sa naissance, lui permet de devenir adulte, l'amène au monde de la sagesse et l'accompagne dans sa vie. Bien qu’ayant un caractère ludique, son travail sur le masque prolonge dans la modernité son ancestrale tradition béninoise du travail de la forge et de ses matières, le feu et le fer.

Mimi Errol