0

Première à Abidjan

Accueil / Première à Abidjan
Loading Events
event-4

Première à Abidjan

Bureaux de votes et les Bêtes de pouvoir by Anthony NSofor
Galerie Houkami Guyzagn
Jeudi 13 Septembre 2018 à 18:30:00 - Samedi 13 Octobtre 2018 à 18:30:00
Gratuit

Ce thème de la série d’œuvres réalisées durant sa résidence dans l’espace de la galerie Houkami Guyzagn, reflète bien le caractère d’artiste résolument engagé du peintre nigérian Anthony NSofor.

« Une œuvre doit présenter une direction, un engagement qui va lui donner toute sa saveur » affirme-t-il. Né en 1973, Anthony NSofor a étudié les beaux-arts et les arts appliqués à l’Université du Nigeria, en spécialité peinture. Centrée sur les élections, l’exposition des œuvres issues de l’Atelier « Bureaux de Votes et Bête du pouvoir » met aux piloris la toute-puissance des hommes politiques, qui se transforment en monstres dans leur quête de voix dans les urnes. Et qui demeurent impuissants devant les drames qui entachent lourdement et depuis de longues décennies, l’image d’une Afrique gangrénée par la corruption. Et engluée dans de perpétuelles crises socio-politiques. Notamment au Nigéria et dans bien de pays de l’Afrique sub-saharienne. Ses références dans cet engagement pour une Afrique retrouvée, sur ses valeurs propres sont entre autres: L’écrivain nigérian Chinua Achébé qui s’engagea dans la littérature pour répondre selon lui, aux propos blasphématoire de l’auteur Ernest Hemingway. Quand il affirmait que les noirs étaient des sauvages. Le roi de l’Afro-Beat Fela Kuti. Et le célèbre caricaturiste Mike Asuquo. Quant à la technique, et les expressions utilisées dans le processus de la création de cette collection, elles sont des indices qui concourent à situer la dimension réelle de son engagement artistique. A l’origine de ce périple africain que l’artiste a entrepris depuis quelques années déjà dans d’autres régions ouest africaine et qui a suscité cette résidence d’Abidjan est une quête de faits sociologiques. Ceci à travers les différentes rencontres et échanges avec l’autre, mais aussi et surtout partager avec cet autre, son histoire personnelle. Ce en rapport avec la détresse de sa patrie le Nigéria. Qui, depuis de nombreuses années est confronté à toutes sortes de tragédie. Dont la plus actuelle est le désarroi causé par la secte « Boko Haram ». Et qui met au grand jour l’impuissance des politiques à mettre fin aux affres de la secte. A observer Tony lors de la réalisation de son acte créatif, on perçoit d’emblée chez lui cette volonté manifeste d’artiste engagé. Tant par l’ambiance autour de son champ créatif que par le choix de ses matériaux et outils de travail. Voir les formats de ses tableaux. En effet, l’ambiance qui prévaut dans son espace de création est totalement inondée. Non seulement par la musique de Fela Kuti, le roi de l’Afro beat, mais aussi par des bombes de graffeurs, matériel de sérigraphie, et les ingrédients classiques du peintre. Le tout submergé par les imposantes surfaces de ses toiles. Qui ne sont pas sans rappeler les grands murs des cités urbaines, cibles privilégiées du Streets arts. Avec cette caractéristique de faire apparaitre au premier plan du tableau, les formes humaines très sommaires. Dans une représentation déformée, tordue qui semblent être peint dans une hâte fiévreuse à l’instar des graffeurs. Quand elles ne sont pas totalement abstraites. Quant à la couleur, elle est appliquée en succession rapide, tortueuse, froide ou chaude, avec une gestuelle qui suggère la folle fureur de l’actuelle période. Quant aux membres de ses sujets, ils disparaissent de façon irrationnelle dans les plis des vêtements. Ces monstres n'ont pas de pieds, assène-t-il. Ceci pour stigmatiser la défection non expliquée et égoïste des politiques à mettre fin aux différentes crises auxquelles le Continent africain est confronté dans son ensemble. « Au fur et à mesure que j’avançais dans l’élaboration de cette série, j’ai ressenti cette nécessité d'y introduire les femmes, comme les victimes sans défense de ces pratiques politiques. Alors que ce sont-elles qui maintiennent l'unité familiale, protégeant leurs plus jeunes enfants, du monde hostile créés par leurs aînés en dehors de toute moralité ». Ce désir sera cette toile qui fait référence aux cent dix jeunes filles de Chibok dans le Nord Est du pays en avril 2014, enlevées par l’organisation terroriste Boko Haram. Un drame qui cependant donne des horizons de lutte et de résistance individuelle face à l’extrémisme de tout bord et de toutes les tentatives socio politiques intentées contre l’émergence réelle d’une Afrique nouvelle et authentique. Ceci par allusion faite, à la résistance d’une de ces jeunes filles (Leah) otages de l’organisation terroriste, qui refusa de se convertir de force à la religion musulmane et au port du voile que lui imposaient ses geôliers. Ce foisonnant et fructueux atelier résidence de l’artiste Anthony Nsofor à la galerie Houkami Guyzagn comprend des toiles, des dessins, et des aquarelles en exposition jusqu’au 13 octobre 2018. Mimi Errol

Détails

Début : Jeudi 13 Septembre 2018
à 18:30:00
Fin : Samedi 13 Octobtre 2018
à 21:30:00
Catégorie : Exposition


Lieu

Galerie Houkami Guyzagn


Organisateur

Houkami Guyzagn

Quelques temps forts de l'évènement