Immersion avec Serge Goss dans son Univers de Femme

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En certains points, la palette du jeune artiste prend des allures de la touche sui generis du matre

En prélude à sa première exposition individuelle, du 25 janvier au 11 février 2018, le peintre et enseignant a échangé avec les critiques et journalistes à la galerie Houkami Guyzagn.

Réunissant une trentaine de tableaux aussi irisés les uns que les autres, l’exposition intitulée «Univers de Femme», la première de l’année à la galerie Houkami Guyzagn d’Abidjan-Riviera, du 25 janvier au 11 février, fera le lit à la célébration de l’amour, le 14 février, à la faveur de la Saint-Valentin. Pour mieux expliciter sa démarche créatrice et son champ thématique, l’artiste-peintre, Serge Gossé, tout-aussi enseignant d’arts visuels, a échangé avec la presse le jeudi 18 janvier au sein de la galerie-hôte.

S’il est vrai que c’est sa toute première exposition personnelle, Serge Gossé né en 1977 à Gagnoa, n’en est pas moins une figure de proue des arts visuels ivoiriens, dont la palette ô combien flamboyante ravit les esthètes qui s’arrachent les œuvres, (presque) toujours traitant de la gent féminine, au point qu’il n’arrive jamais à composer complètement une série aux fins d’une expo. C’est du moins ce que laisse entendre Thierry Dia, administrateur général de la galerie Houkami Guyzagn.

Quant au critique et historien de l’art, commissaire de l’expo, Auguste Mimi Errol, il soutient que «Univers de Femme» offre au public abidjanais un panorama en deux actes de son activité picturale de ces dix dernières années. Avec au centre de sa démarche artistique la Femme et son univers ambivalents. Tantôt la muse, tantôt victime résignée face à la violence devant laquelle elle doit faire face.

Auguste Mimi Errol va plus loin : « Si le premier acte de cette collection présente une perception plus proche de la femme muse des poètes, déifiée par des civilisations anciennes, vierge élevée au rang d’icone, donneuse de vie, pilier essentiel de la famille. Le second, lui présente une aperception plus intuitive de la condition féminine. Ceci, quand il aborde le sujet plus délicat des stéréotypes sexistes. Notamment la violence à l’égard des femmes à travers les âges. Un fait, qui malheureusement n’est pas l’apanage d’un pays ou d’une culture en particulier. Mutilation génitale, mariage forcé,  viol et inégalités de tous genres. Des épreuves toutes aussi douloureuses les unes que les autres, qu’elle supporte avec dignité dans le monde entier ». Cette juxtaposition imagée de l’univers ambivalent de la procréatrice, née d’une côte d’Homme, devient pour Gossé, un prétexte pour exprimer à la fois tout son talent de portraitiste et de coloriste.

Sur les traces de Monné Bou ?

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