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Vente aux enchères │Polémique autour de deux statuettes nigérianes

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Vente aux enchères │Polémique autour de deux statuettes nigérianes

Vente aux enchères │Polémique autour de deux statuettes nigérianes

La maison de vente aux enchères Christie’s a refusé de suspendre la vente de deux statuettes sacrées nigérianes. La commission nationale du pays estime que ces objets d’art ont été acquis illégalement pendant la guerre civile du Biafra (Nigéria).

Les protestations n’auront rien changé. Lundi 29 juin 2020, Christie’s a officiellement rejeté la requête de la commission nationale nigériane pour les musées et les monuments. L’entreprise du groupe Artémis a déclaré que « tous les objets dans cette vente répondent pleinement à tous les cadres légaux applicables ».
Inclus dans la vente intitulée « Arts d’Afrique, d’Océanie et d’Amérique du nord », le lot présentait deux statuettes sacrées, représentant la divinité Alusi issue de la tribu d’Igbo au Nigéria. Elles auraient été vendues illégalement pendant la guerre du Biafra, qui s’est déroulée de 1967 à 1970.

Une vente controversée à plus de 200 000 euros

De nombreux universitaires ainsi que les autorités du patrimoine nigérian ont contesté cette vente. 3300 personnes ont signé une pétition en ligne demandant à Christie’s de suspendre les enchères. Parmi eux, le professeur nigérian reconnu Chika Okeke-Agulu, issu de l’ethnie Igbo, s’est exprimé à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux en utilisant le hashtag #BlackArtMatter.

Enseignant en théorie de l’art indigène, moderne et contemporain africain à l’université de Princeton aux Etats-Unis, il dénonçait déjà en 2017, dans les pages du New York Times les pillages généralisés des œuvres d’art de l’est du Nigeria durant cette même période de guerre du Biafra.




Malgré ces objections, la maison du groupe Artémis n’a pas hésité à poursuivre cette vente aux enchères dans le showroom parisien de Christie’s. Les deux statuettes faisaient partie de la collection privée de Jacques Kerchache, ancien conseiller de Jacques Chirac sur les arts premiers, mort en 2001.



Estimés entre 250 000 et 350 000 euros (soit 283 000 et 396 000$), ces objets d’art issus de l’héritage culturel nigérian, ont finalement été cédés à 212 000 euros (239 000 $) après déduction des frais.



Les limites de la convention de l’UNESCO



La commission nationale nigériane revendique la violation de la convention de l’UNESCO datant de 1954. Ce texte protège l’héritage culturel pendant les conflits armés.



Cette affaire arrive en plein débat sur la restitution des œuvres d’art africain qui se trouvent dans des collections publiques et privées en Europe notamment. Au moins 90 000 objets africains sont toujours en France, 70 000 d’entre eux sont gardés au musée du quai Branly – Jacques Chirac, une collection que Jacques Kerchache lui-même avait d’ailleurs contribué à étoffer.


Source : Africanews

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