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Vernissage de l’exposition «Zapata» à Houkami Guyzagn Le céramiste Williams Brown dans tous ses états

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Vernissage de l’exposition «Zapata» à Houkami Guyzagn Le céramiste Williams Brown dans tous ses états

Vernissage de l’exposition «Zapata» à Houkami Guyzagn Le céramiste Williams Brown dans tous ses états

La galerie Houkami Guyagn sise à Cocody-Bonoumin présente, du jeudi 9 au 30 mai 2019, l’exposition dénommée «Zapata» du céramiste ghanéen Williams Brown.

 En début de soirée jeudi dernier, au cours du vernissage de cet événement, l’artiste, qui parcourt le monde dans le cadre de ses nombreuses expositions et qui parle couramment le français, s’est fait fort d’expliquer la quintessence de son travail sur «Zapata». Faisant savoir que tout est parti du titre éponyme de l’artiste chanteur John Kiffyz. A l’en croire, «Zapata» raconte les pérégrinations d’un orphelin qui se débat pour survivre dans un monde impitoyable. «Emmanuel Kant dit de l’art que ce n’est pas la représentation d’une belle chose, mais la belle représentation d’une chose. Du point de vue de la forme, j’avoue que je n’aime pas cette épithète de Kant. Par contre, je suis enthousiasmé devant celle de Pablo Picasso quand il dit de l’art, surtout de la peinture, qu’elle permet d’atteindre la vérité. Et c’est dans cette optique que je veux inscrire cette exposition. Ici, je ne suis pas à la recherche du beau, mais de la vérité. Je veux exprimer une souffrance, un désarroi, un découragement face à un étonnement de comportement humain. Je ne suis pas un intello, encore moins un savant pour prétendre être un artiste. Je suis simplement un humain comme le chante si bien Ziggy Marley dans ‘’I am a human’’. Je veux juste vous raconter l’histoire d’un enfant en pays bété du nom de Zapata. Cette exposition intitulée ‘Les têtes pic de Zapata’ est inspirée d’une chanson de John Yalley Kiffyz. Zapata est l’histoire d’un enfant qui a perdu son père, son seul espoir. Pendant les funérailles, il y a toujours une réunion de famille pour situer les responsabilités et les prises en charge. Un de ses oncles décide que, désormais, il est le père de Zapata et que Zapata devient son fils. Devant tous, il promet à l’enfant qu’après les funérailles, il l’amènera avec lui pour la ville où il réside. Après l’enterrement, Zapata assis sous les bâches avec ses affaires ne voit point venir l’oncle en question. Comme de coutume, après les funérailles, un à un, chacun repartait d’où il venait. Zapata resta seul sous la bâche et réalisa qu’il était désormais seul. A cet instant, dans le désarroi, Zapata pleurait sa vie. Dans ce travail, il s’agit de montrer le défi et d’estimer l’amertume, le désarroi, le découragement, la souffrance d’un petit orphelin après la fausse promesse de son oncle. J’ai dû être dans la peau, dans la tête, en somme dans le moi de cet orphelin pour comprendre et capter ses émotions afin d’atteindre sa vérité. Je les ai ressenties dans l’exécution du travail : malaxer, tordre, presser, coller, juxtaposer, superposer, modeler la terre et la faire cuire. Nombreux sont ces enfants de cette souffrance qui réussissent dans la vie. Ils savent se battre. Ils connaissent l’importance d’une mère, d’un père, d’un parent proche ou lointain, et d’un bienfaiteur. Il s’est forgé une philosophie de la vie. Il est aujourd’hui un homme. Autant que nous soyons, il y a en nous un peu de Zapata. Ce soir, nous ne serons pas tristes. Houkami Guyzagn et son personnel, M. Thierry Dia et M. Mimi Errol, et moi-même, nous vous présentons Zapata dans toute sa splendeur. Bonne délectation», a-t-il résumé dans son propos, avant de diriger la visite de présentation de ses «têtes» en hommage à Zapata.

Marcellin Boguy