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Galerie Houkami Guyzagn │De «No Comment» à «Perception», quand la peinture d’Isidore Koffi fait tâche

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Galerie Houkami Guyzagn │De «No Comment» à «Perception», quand la peinture d’Isidore Koffi fait tâche

Galerie Houkami Guyzagn │De «No Comment» à «Perception», quand la peinture d’Isidore Koffi fait tâche

De «No Comment» à «Perception», quand la peinture d’Isidore Koffi fait tâche Après ‘’No Comment’’, sa première exposition personnelle en juin 2014 dans le hall du Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, Isidore Koffi – jeune plasticien ivoirien, remet depuis le 14 juin 2018 une couche nouvelle et personnelle à sa création plastique.

‘’Perception’’, fidèle à l’idée de la tâche [technique de tachiste] à partir de laquelle il compose ses créations, est une proposition picturale qu’il fait découvrir jusqu’au 1er juillet 2018 à la galerie Houkami Guyzagn, sise à la Riviera-Bonoumin. En rapport avec ‘’No Comment’’, ‘’Perception’’ traduit dans la critique de Mimi Errol, commissaire de l’exposition, «les deux faces d’une même pièce». Par (s)ces tâches inspirées de son environnement immédiat et qui donnent formes à ses œuvres, Isidore ou IziKoff (c’est selon) construit plus qu’il ne déconstruit et interroge sa société. «Je donne vie à cette tâche à travers les scènes de vie que je vois et je reproduis», traduit le plasticien. Ce peut être certes une quête, mais la forme telle qu’on l’aperçoit n’est pas de prime abord saisie par le peintre qu’il est. Parce que pas ‘’tangible’’. La première touche n’étant pas la véritable, c’est par superposition de vues, de différentes réalités que Isidore parvient à saisir l’élément finale. Perception, l’esthétique d’une création Dans sa production, les premiers et deuxièmes plans sont d’une grande importance. Quand il dépose (couche) une première peinture, Isidore fait en sorte que la seconde ne couvre pas totalement la première. Pour lui c’est la meilleure manière de donner vie à une forme en superposant plusieurs réalités. Ainsi, il arrive à traduire l’image telle qu’il la conçoit. Gribouille, sable, collage, papiers mâchés et grattés, superposition des formes, il apprécie la matière. A une certaine distance de l’œuvre, il est clair : une autre réalité [dans une même réalité] apparait sous les yeux de celui qui observe. «Ma réalité à moi n’est pas figée, apprécie-t-il. Il faut plusieurs angles de vues pour apprécier». Partant de l’idée de superposition de formes chez les impressionnistes [ils copient d’après nature à un instant précis], Isidore fait le choix de créer à partir des tâches (tâche-peinture, tâche-bois, tâche-sable). En posant, par exemple, du sable, il crée dans sa peinture des effets de lumière qu’il suffit juste de bien observer pour voir. Ces tâches, spontanément, Isidore les pose de manière désinvolte mais, dans la réalité, il construit. «Pour moi, la difficulté n’est pas de construire. Une fois détruit, avons-nous la capacité de reconstruire ? ». Sans doute parce qu’il se veut précis, Isidore aime déconstruire les formes pour mieux (les) construire. «Cela, rassure-t-il, m’amène à mieux maitriser la forme». ‘’La difficulté n’est pas de construire. Une fois détruit, avons-nous la capacité de reconstruire ?’’ Construire un monde meilleur autour des enfants Scènes de vie, Femmes battantes ou d’affaires, Vendeuses des estrades, Petits Colporteurs, Talibés, Enfant dans la Rue, Aboki Café, Spectre (de tâches ou lumineux), etc. ou, en sommes, ‘’emplois opportunistes qui voient le jour autour d’une gare, d’un marché, ou d’un chantier en construction’’, résument dans ‘’Perception’’ , selon le regard du critique d’art Mimi Errol, l’activité économique des habitants des périphéries de ces grandes agglomérations que le peintre a sillonné. Au travers de l’image, si la (simple) posture compte beaucoup chez le plasticien, les images symboliques en disent long à la différence de la multitude de compositions pourtant vides de sens. Pour construire un monde meilleur dans la vision de l’artiste, il (nous) importe de voir à long terme. Dans sa création, chaque angle de vue compte dans la construction d’un monde qu’il veut meilleur. «Par la dissolution de la matière éparpillée en plusieurs éclats colorés qui nécessite au regardeur une acuité accrue et une distance par rapport à l’œuvre pour discerner la scène peinte», Mimi Errol est d’avis que «son sérieux et son engagement (Isidore) pour une carrière d’artiste présage un avenir certain d’un peintre majeur dans l’univers de la peinture de Côte d’Ivoire». Ces tâches dans nos sociétés qu’on refuse de voir La question des enfants (acteurs de ‘’Petits métiers’’, ‘’Petits Colporteurs’’ où désignés sous le vocable ‘’Gnambôrô’’) est toujours présente dans les créations d’Isidore. Car, construire un monde meilleur, implique de ne pas ignorer l’enfance – héritier de demain. D’où le phénomène d’enfants talibés ou Enfant dans la Rue considérés comme étant des tâches dans nos sociétés africaines que l’on refuse de voir et auxquelles le peintre veut apporter ses solutions. Posant son regard, à partir de ses compositions sur cartons [matelas de fortune de ces enfants dans la rue], sur la situation des enfants dans [notre] développement économique et social, le peintre qui s’interroge et apprécie au travers de son environnement immédiat cette tâche (sociale), interpelle : «ils doivent être considérés dans l’élan de perspective, de superposition de réalité. On ne peut parler de demain tout en balayant cette couche qui est l’enfant, citoyen de demain». Parrain de ladite exposition, Hervé Ndoba, associé-gérant de Nh Consulting and Engeneering, a dit percevoir «à travers ses œuvres, un cri du cœur pour les démunis, les laissés pour compte». L’utilisation de la tâche en tant qu’élément graphique est pour Isidore l’élément plastique idéal qui réunit traits et formes basiques du graphique. Il est donc plus aisé chez lui de faire des tâches plutôt que de faire un point ou un trait. «Ce n’est pas la beauté des traits qui compte pour moi, souligne le peintre. Mais, comment on la traduit». Koné SAYDOO, Journaliste

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