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Culture at Work Africa │ Comment utiliser la culture pour favoriser le dialogue interculturel en Afrique

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Culture at Work Africa │ Comment utiliser la culture pour favoriser le dialogue interculturel en Afrique

Culture at Work Africa │ Comment utiliser la culture pour favoriser le dialogue interculturel en Afrique

ABIDJAN accueille depuis le 19 mai 2021 le projet Culture at Work Africa (conférences et expositions). Premier acte de trois événements qui se poursuivront - virtuellement et Covid oblige - le 8 juin prochain à Paris, en France, au Centre Culturel Italien et au Palais des BOZAR à Bruxelles, en Belgique, le 17 juin. Le vernissage (physique) de l'exposition d'Abidjan, à la Rotonde des arts Contemporains, présente depuis le 20 mai, des travaux d'une dizaine (de projets) d'artistes, créateurs et professionnels de la culture, originaires de neuf (9) pays d'Afrique.

Toute l'exposition d'une quinzaine de pays participants qui aurait dû être physique au Palais des BOZAR et à la Rotonde a été transformée en une exposition virtuelle à visiter (QR Code barre) sur cultureatworkafrica.art. Un parcours qui se fait dans des salles virtuelles, à travers des vidéos; et tous les projets s'y trouvent expliqués (textes anglais et français). Présent à Abidjan pour ledit rendez-vous, Davide Grosso, Chef de projet du Conseil international de la Musique - International Music Council, en parle. Entretien.

Culture at Work Africa a démarré à Abidjan une série de trois événements culturelles qui se poursuivra bientôt à Paris et à Bruxelles. Parlez-nous en.

Culture at Work Africa (la culture au travail en Afrique), est un projet qui a commencé il y a quatre ans suite à un appel à projet de l'Union Européenne. Un consortium a été monté avec des partenaires internationaux et africains. En Afrique, il s'agit de Arterial Network basé à Abidjan, Culture Fund du Zimbabwé et le CERAV Afrique (Centre régional pour les arts vivants en Afrique) basé au Burkina Faso. Ce dernier est un Centre de catégorie 2 de l'Unesco (Ndlr; créé en vertu d'un accord signé par le gouvernement du Burkina Faso et la Directrice générale de l'UNESCO en 2010).

Il était question de savoir comment utiliser la culture pour favoriser le dialogue interculturel en Afrique, comment soutenir des (petits) projets de terrains qui utilisent la culture comme le moyen de faire rencontrer les gens et de créer une cohésion sociale. A travers le fonds acquis auprès de l'Union Européenne, nous avons mis en place deux appels à projets qui ont ciblé quinze pays africains (anglophone et francophone). Les structures sur le terrain ont postulé et nous avons financé 34 projets - soit, plus ou moins deux projets par pays. Celles-ci ont mis en place des activités. Par exemple, il avait un projet sur la formation des femmes à la photographie, un projet sur l'utilisation du cirque dans des zones de conflits (Kenya - Somalie). Très souvent, ces projets rassemblaient deux ou trois pays, donc régionaux. A l'exemple du projet entre la RDC et le Mali sur l'utilisation du Théâtre pour (favoriser) l'inclusion des personnes défavorisées

Quels étaient les axes principaux?

Les axes principaux étaient les renforcement de capacités des jeunes, des femmes, les personnes défavorisées. Ce qui est important à souligner, c'est qu'on n'a pas juste donner de l'argent pour voir se réaliser le (un) projet. Nous avons accompagné le projet de sorte que les opérateurs culturels puissent renforcer leurs capacités pour, ensuite, faire en sorte que le projet puisse être durable. Ça été construit sur le long terme.
Nous avons donc organisé deux événements de réseautage auxquels nous avons invité, à Ouagadougou et à Harare (Zimbabwe), il y a un an, tous les porteurs de projets. Tous les bénéficiaires s'y sont donc rencontrés. Ils sont pris part à des ateliers sur la gestion du budget, la communication, comment approcher le pouvoir public, comment pouvoir porter leur projet pour qu'il soit durable, etc.

Quelle a été l'implication du Conseil International de ma Musique ?

Nous, le Conseil International de ma Musique, nous avons participé à toutes les activités de façon spécifique. Nous avons également organisé un concours de chant remporté par l'Ougandais, Steven MG qui a eu l'opportunité de venir à Abidjan où il s'est produit à la Rotonde des arts (où s'est tenue l'exposition virtuelle Culture at Work Afria, également en cours [30 avril - 12 juillet 2021] au BOZAR, à Bruxelles). Normalement, le lauréat Steven MG devait être invité à Bruxelles où l'événement a été annulé. Il se tient cependant en ligne.

Être lauréat d'un tel concours de chant (musique), quels en sont les avantages?

C'est la visibilité. Il n'y a pas un prix numéraire. Le prix, c'est la visibilité. Pour être lauréat, Steven MG a été, depuis, un peu partout. D'où sa présence justement à Abidjan. Nous le portons, de même que tous les partenaires, sur nos réseaux sociaux. Egalement, les autorités ougandaises (ministres) l'encouragent. Nous espérons que ce prix soit pour lui un tremplin pour sa carrière musicale.
Ici, à Abidjan, c'est le premier des trois événements. Le prochain, ce sera à Paris (France), le 8 juin 2021 (Centre Culturel Italien) et Bruxelles (BOZAR), le 17 juin. COVID oblige, les deux événements seront malheureusement virtuelles.

Qu'est-ce qui a motivé cette rencontre d'Abidjan ?

L'événement d'Abidjan était prévu. Il était donc prévu de faire trois événements pour montrer au public et au pouvoir public les témoignages. Voilà pourquoi, tous les bénéficiaires auraient dû être présents à Abidjan. Du fait du Covid, ce n'était pas possible. Cela dit, les pouvoirs public ont besoin d'entendre ces témoignages pour comprendre le besoin de soutenir ce type d'action. Le soutien qui n'est pas numéraire, est un soutien d'accompagnement, d'encouragement et de renforcement de capacités.

Votre accompagnement de tous les bénéficiaires a-t-il des limites dans le long terme?

C'est structurel. Il faut renforcer les capacités pour savoir comment présenter et parler au pouvoirs public. La durabilité, pour moi, c'est long terme, véritablement. Ils exercent un métier et sont parfois confrontés à un manque d'argent (public, privé). Il était important pour nous de démarrer le projet et de (leur) donner les outils de sorte à ce qu'il tienne sur vingt voire trente ans. In fine, c'est ce type d'action qui évite les guerres, les migrations, la pauvreté. Parce que, si on peut gagner sa vie en faisant quelque chose de bien, en rapprochant les cultures, en se parlant, en faisant un dialogue au lieu de faire la guerre, on a tous à gagner. Qu'on soit Africain, Européen, Américain, etc.


Existe-t-il en Côte d'Ivoire un projet qui a bénéficié de Culture at Work Africa ?

Il existe en Côte d'Ivoire un projet (bénéficiaire) porté par Dr Alain TAILLY et qui se dénomme Génération Positiv, basé à Yopougon (Abidjan) et axé sur la jeunesse (populations vulnérables de quartiers marginalisés et victimes d’exclusion; NDLR) à travers des activités artistiques (conte, poésie).

Culture at Work Africa a-t-il une représentation en Côte d'Ivoire?

Pas physiquement. Le membre du consortium représenté à Abidjan, c'est ARTERIAL Network Côte d'Ivoire, présidé par Hilaire KOBENAN. Il s'occupe également du bureau (staff) Arterial continental. C'est une richesse pour la Côte d'Ivoire d'avoir un réseau aussi important.

Réalisé par Koné SAYDOO

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