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Musée des Cultures contemporaines | 20 ans après, ‘’Les trois âges de la Côte d’Ivoire’’ de Christian LATTIER, restaurée et debout - à nouveau

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Musée des Cultures contemporaines | 20 ans après, ‘’Les trois âges de la Côte d’Ivoire’’ de Christian LATTIER, restaurée et debout - à nouveau

Musée des Cultures contemporaines | 20 ans après, ‘’Les trois âges de la Côte d’Ivoire’’ de Christian LATTIER, restaurée et debout - à nouveau

Jusqu'au 18 mai 2021, replongez dans l'histoire des arts visuels en Côte d'Ivoire à travers la rétrospective "1957-2021, 64 ans d'arts visuels en Côte d'Ivoire", au Musée des Cultures contemporaines Adama Toungara d'Abobo (MuCat). Une cinquantaine d'artistes (peintres, sculpteurs, photographes, designers) sélectionnés, selon les périodes, les générations, les courants, etc. y exposent depuis le 18 février. Représentés pour la plus par différentes galeries, à Abidjan.

A l'entame du parcours (visite), dans le hall du MuCat, trois sculptures. Une femme, porteuse d'eau allaitant, dans sa marche, son enfant est représentée par Kouamé N'Guessan. Jems Koko BI, parmi ses trois sculptures exposées précédemment à l'exposition itinérante panafricaine "Prête-moi ton rêve", y fait trôner ses (six moins une) figurines - en conciliabules - de plus de 2 mètres de hauteur. Celle-ci sera déplacée plus tard pour donner plus de profondeur, dans le recul, à une sculpture plus grande.


Dans une position qui n'est pas la meilleure pour sa présentation (lors du vernissage), car conçue pour être accrochée à un mur, "Les Trois âges de la Côte d'Ivoire" - une sculpture monumentale (bas-relief) réalisée en 1972 par Christian LATTIER, résiste au temps. 49 ans, après.
Toute une histoire autour d'une emblématique œuvre qui questionne tant sur la technique d'un artiste - LATTIER, que sa préservation, la restauration, sa vie dans l'espace urbain, etc.
L’œuvre qui intègre, de la plus belle des manières, dans sa thématique, l’exposition "1957-2021, 64 ans d'arts visuels en Côte d'Ivoire", représente des développements de l’histoire politique, sociale et artistique du pays.

Pour rappel, après la réhabilitation (1997-2001) de l’aéroport Félix Houphouët-Boigny, où l’œuvre était - au départ - intégrée, ‘’Les trois âges de la Côte d’Ivoire’’, se trouvant sans destination à la fin de l’aménagement, sera heureusement récupérée par l'architecte Francis Sossah qui en avise le curateur Yacouba Konaté. Déposée plusieurs années dans un coin du Palais de la Culture d’Abidjan, la sculpture sera accueillie momentanément à la Bibliothèque nationale avant de trouver une place au siège du MASA - Boulevard Roume, au Plateau, sous les yeux de Yacouba Konaté.

Depuis plusieurs années, l’artiste Diabagaté Salif travaille à sa restauration. Salif y expose une pièce, aux côtés de ses amis Yapi Roger, Pascal Konan, Ballo Mamadou, Chapman DIA, Pehouet Soro...

2001-2021. Aujourd’hui, 20 ans après, l'œuvre majeure du sculpteur Christian LATTIER se tient, enfin, débout, au Musée des Cultures contemporaines Adama Toungara d'Abobo. Majestueuse. Quelle autre destination prendra-t-elle, après l'étape d'Abobo ? 

Enfin débout. Impressionnante et intrigante, l’ouvre de LATTIER est réalisée à partir de 45 Km de ficelle de jute (matériau) autour d'armatures de fer, haute de plus de 7 m sur 4 m de large et 1,5 m de profondeur. Son poids, 2.5 tonnes.
"Unique en son genre en Côte d’Ivoire et dans le monde", précisait, dans sa description faite, le professeur Yacouba Konaté in le "Registre international de la Mémoire du monde". Considéré(e) patrimoine documentaire, "Les Trois âges de la Côte d'Ivoire", avait fait l'objet (en 2012) d'une proposition à l'Unesco par Yacouba Konaté, par ailleurs conservateur de la collection Christian LATTIER.

Commissaire général de l’exposition "1957-2021, 64 ans d'arts visuels en Côte d'Ivoire", Yacouba KONATÉ a sélectionné la cinquantaine d’artistes (à voir) en tenant compte des thématiques et de la finition du travail, de l’originalité des œuvres, le sérieux dans l’écriture, etc.
Les pionniers des arts visuels en Côte d’Ivoire (Michel Kodjo, Mathieu Jean Gensin, Christian Lattier, Paul Kodjo...) s'(y)imposent, presque.

L’exposition-ci est majeure dans l'histoire des arts visuels en Côte d’Ivoire. Aussi, c’est la première fois qu'autant d'œuvres sont exposées dans un cadre qui le rend possible. Un honneur qui revient, en premier, l'ex-ministre Adama TOUNGARA, ami des arts.

Présent au vernissage, Adama TOUNGARA, Médiateur de la République de Côte d'Ivoire, par ailleurs bâtisseur du Musée des Cultures contemporaines qui porte son nom, a traduit sa fierté.
Pour lui, en transformant en acte, dans la commune d'Abobo, « l'idée de créer un musée d'art contemporain, je ne pense pas que ma famille avait pensé une telle réussite». «Je voudrais dire merci à tous les artistes, cinquante d'entre eux, qui ont accepté d'accompagner le professeur [Yacouba Konaté, Ndlr] - parmi lesquels je voudrais féliciter mon ami Michel KODJO », a-t-il confié. Collectionneur d’art, c'est à la fin de ses études universitaires que Toungara a fait la connaissance de Michel Kodjo, premier artiste-peintre ivoirien à avoir tenu une exposition personnelle, en 1957.
« L'une des premières toiles que j'ai acheté en son temps, c'était des toiles de Michel KODJO », a rappelé Toungara. 

Depuis, face à la diversité des talents, Toungara se réjouit de la « floraison des artistes ivoiriens ». Ce qu'il en pense : « La Côte d'Ivoire va bien, en matière de culture ».

D'ailleurs, le peintre ivoirien Ouattara WATTS qui a fait son entrée - par acquisition fin 2020 de sa pièce Vertigo #2 - dans la prestigieuse collection du Musée d'art moderne et contemporain (MoMa) de New York (USA), est présent au MuCat avec "Dogon culture" (264 x 246 cm), qu'il avait présenté (Déc. 2018 - Fév. 2019), à la Galerie Cécile Fakhoury - Abidjan, lors de sa première exposition intitulée "Before Looking at this Work, Listen to It". Occupant le même tableau, une lithographie de feu le dessinateur Frédéric Bruly Bouabré - également au MoMa suite à une donation, en juillet 2019, de Jean PIGOZZI.

Penseur et poète, ce n'est pas fortuit que Bruly Bouabré témoigne d'une Vision solaire (soleil blanc, bleu, vert, rouge, jaune), le 11 mars 1948, où, dans sa 11è vision, un "Soleil Père" lui est "apparu dans un ciel après explosion du soleil jaune". Cette période transforme Bruly Bouabré, devenu Cheik Nandro [celui qui n'oublie pas]. Depuis cette date, il consigne ses pensées et révélations en dessins.

MuCat, carrefour positif pour la peuplade de Côte d'Ivoire

Après avoir réalisé, à Abobo, un tel joyau pour donner plus de visibilité aux arts visuels, Adama TOUNGARA est aux yeux de Michel KODJO un dinosaure.

« Les artistes n'arrivent pas à se faire valoir, a déploré Michel Kodjo. Grâce à des dinosaures comme lui [Toungara], on est arrivé à espérer que nos œuvres vont au moins avoir un carrefour positif pour la peuplade de notre pays et, aussi pour l'étranger et du monde entier. Parce que nous sommes confinés et, grâce à des gens comme lui, cette action nous permet d'avoir de l'espoir. C'est une grande chose».

De l'avis du peintre Essoh Marcel, cette exposition à laquelle il participe (deux toiles) - aux côtés de Mathilde MORO, Djima Karamoko et Augustin KASSI, Ernest DÜKÜ - est curative dans une atmosphère marquée par la pandémie à Coronavirus.

« C'est une belle exposition, soutient-il, en ce sens qu'au niveau des arts, l'atmosphère est morose du fait de la pandémie. Cela permet aux amoureux des arts visuels de venir se rencontrer, découvrir de belles couleurs, de belles formes. Autant la musique est curative, autant l'art l'est». Tous sont reconnaissants au professeur Yacouba Konaté qui rend possible ladite exposition et permet "au public de découvrir, dans ce bel espace, les œuvres".

L'exposition "1957-2021, 64 ans d'arts visuels en Côte d'Ivoire", qui présente dans sa forme un itinéraire des voies par lesquelles les arts visuels en Côte d'Ivoire ont gravi les marches, est ouverte jusqu'en jusqu'en mai 2021.

Koné SAYDOO

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